Pourquoi la stratégie d'entreprise doit devenir collective face aux limites planétaires ?
Thomas Gauthier et Amanda N Williams (Alternative Future Institute, emlyon business school) soutiennent que l'unité fondamentale de la stratégie — l'entreprise — est la mauvaise échelle pour les problèmes auxquels nous sommes désormais confrontés.
Les dirigeants font face à des défis qui ne peuvent être résolus à l'échelle d'une seule entreprise. Les dérèglements climatiques, les contraintes sur les ressources et l'instabilité sociale ne sont pas des problèmes concurrentiels. Ce sont des conditions systémiques qui déterminent la viabilité de secteurs entiers.
Pourtant, un paradoxe structurel demeure : les systèmes qui récompensent les entreprises (marchés financiers, règles comptables, chaînes d'approvisionnement) continuent d'inciter à l'optimisation à court terme et à l'échelle de la firme, alors même que la viabilité à long terme dépend d'une action collective.
À partir de l’exemple de IF Initiative, ils observent que dans un contexte de contraintes partagées, l'avantage dépend de plus en plus de la capacité à participer à des coalitions qui élaborent des scénarios prospectifs partagés. Ces coalitions ne sont pas de simples plateformes de coordination : elles créent des environnements où les organisations affrontent ensemble les contraintes et testent ce qui est stratégiquement et opérationnellement faisable. En rendant explicites les hypothèses et les arbitrages, elles réduisent les comportements de passager clandestin et confèrent une légitimité aux règles émergentes.
Ils proposent ainsi cinq recommandations concrètes pour faciliter l’émergence de nouvelles coalitions et alliances inter-organisationnelles dans le contexte du dépassement des frontières planétaires.
Découvrez l’article complet sur le blog du Research Center for Grand Challenges de HEC Lausanne : https://grandchallengesblog.ch/why-corporate-strategy-must-become-collective-in-the-face-of-planetary-boundaries/



